Sophrologie, cerveau et habitudes : pourquoi la répétition change vraiment les choses

Sophrologie, cerveau et habitudes : pourquoi la répétition change vraiment les choses

Avant toute chose, bonne année ✨

Le début d’année est souvent synonyme d’élans nouveaux et de nouvelles habitudes. On ressent l’envie de faire mieux, autrement, plus en accord avec soi : prendre soin de sa santé mentale, ralentir, mieux gérer son stress, retrouver de l’énergie.

Et pourtant, chaque année ou presque, le même scénario se répète :

en janvier, la motivation est là… puis, progressivement, le quotidien reprend le dessus. Les bonnes intentions s’effritent, parfois accompagnées d’un soupçon de culpabilité.

👉 Ce n’est pas un manque de volonté.

👉 Ce n’est pas un échec personnel.

👉 C’est simplement le fonctionnement du cerveau.

Avant de chercher comment intégrer une nouvelle pratique dans son quotidien, il est donc essentiel de comprendre comment fonctionne notre cerveau face au changement.


Le cerveau et la résistance au changement

Le cerveau aime les habitudes

notre cerveau aime les habitudes

Le cerveau a une mission principale : nous maintenir en sécurité tout en économisant de l’énergie.

Pour cela, il adore les habitudes. Une fois qu’un comportement est automatisé, il devient confortable, rapide et peu coûteux sur le plan mental.

C’est pour cette raison que :

  • on peut se brosser les dents sans y penser
  • on réagit automatiquement à certaines situations stressantes
  • on reproduit parfois des schémas que l’on sait pourtant peu aidants

👉 Le cerveau ne cherche pas ce qui est “bien” ou “mal”,

👉 il cherche ce qui est déjà connu.

Pourquoi changer est difficile (et ce n’est pas un manque de volonté)

Changer une habitude, c’est demander au cerveau de :

  • sortir du mode pilote automatique
  • créer de nouvelles connexions neuronales
  • accepter une phase d’inconfort et d’incertitude

Autrement dit, le changement coûte de l’énergie.

Et lorsque l’on est déjà fatigué, anxieux ou en surcharge mentale, cette énergie est souvent limitée.

C’est particulièrement vrai dans des contextes comme :

  • l’anxiété chronique, où le cerveau est déjà en hypervigilance
  • le burn-out, où les ressources mentales sont fortement diminuées

Dans ces situations, le cerveau cherche encore plus à s’accrocher à ce qu’il connaît.

Même quand on sait très bien que ça ne nous aide pas.

(Oui, même quand on sait que scroller à 23h n’aide ni à dormir, ni à aller mieux.)

La répétition : le langage du cerveau

Le cerveau apprend par répétition.

Chaque fois qu’une action, une pensée ou une réaction est répétée, les circuits neuronaux associés se renforcent. C’est ce qu’on appelle la plasticité cérébrale.

C’est la raison pour laquelle :

  • une pratique occasionnelle a peu d’impact
  • une pratique régulière, même courte, transforme en profondeur

👉 Le cerveau ne change pas grâce à un déclic ponctuel,

👉 il change grâce à ce qu’on lui propose régulièrement.

Pourquoi le négatif marque plus vite que le positif

Le cerveau humain présente ce qu’on appelle un biais de négativité : il retient plus facilement ce qui est perçu comme négatif ou menaçant.

Le neuropsychologue Rick Hanson l’exprime de manière très parlante :

le cerveau est « comme du velcro pour le négatif et du téflon pour le positif ».

Concrètement, une expérience désagréable peut s’imprimer très rapidement, alors qu’il faut souvent plusieurs expériences positives répétées pour contrebalancer son impact. On parle parfois, de façon imagée, de « 1 expérience négative pour 10 positives ».

👉 Ce n’est pas que le positif n’existe pas,

👉 c’est que le cerveau a besoin de temps et de répétition pour l’intégrer.

Le cerveau peut évoluer (et c’est une très bonne nouvelle)

Comprendre ce fonctionnement n’a pas pour but de dire : « c’est comme ça, on n’y peut rien ».

Au contraire.

Le cerveau est plastique, capable de s’adapter tout au long de la vie.

Oui, changer demande un effort.

Oui, cela prend du temps.

Mais ce n’est pas une fatalité.

Les fonctionnements liés à l’anxiété ou à l’épuisement sont logiques…

et ils peuvent évoluer, à condition de travailler avec le cerveau plutôt que contre lui.

(Spoiler : non, votre cerveau n’est pas “cassé”.)


Comprendre comment le cerveau fonctionne face aux habitudes et au changement est une première étape essentielle.

Mais dans la réalité, ces mécanismes prennent une place encore plus importante lorsque l’on vit avec de l’anxiété ou un épuisement profond.


freebie stress ou anxiété

TÉLÉCHARGEZ VOTRE GUIDE OFFERT

Le sommeil ? Comprendre et des conseils pour l’améliorer.


Anxiété, burn-out et automatismes mentaux

Quand le cerveau reste bloqué en mode alerte

Dans l’anxiété, le cerveau a tendance à rester en mode survie :

  • anticipation constante
  • pensées répétitives
  • tension corporelle
  • difficulté à relâcher le contrôle

Dans le burn-out, on observe souvent :

  • un épuisement profond
  • une perte d’élan
  • une sensation de saturation mentale

Dans les deux cas, le système nerveux est déséquilibré, et les automatismes prennent le dessus.

« J’angoisse d’angoisser »

Après une crise d’angoisse ou un moment très difficile, beaucoup de personnes décrivent cette peur anticipée : la peur de revivre l’angoisse elle-même.

Le cerveau a enregistré l’expérience négative et cherche à l’éviter à tout prix.

Résultat : il reste en alerte permanente.

👉 Ce mécanisme est épuisant,

👉 mais il est parfaitement cohérent avec le fonctionnement d’un cerveau anxieux.

cogitations et peur d'angoisser à nouveau

Comprendre pour sortir de la culpabilité

Dire à un cerveau anxieux ou épuisé de « se détendre » ou de « relativiser » est rarement efficace.

Le cerveau a besoin d’expériences vécues, corporelles et répétées, pour intégrer un nouvel état.

Combien de fois, en première séance, j’entends des personnes me raconter que leur entourage leur dit :

« Arrête de te prendre la tête »« détends-toi »« pense à autre chose ».

Alors comment dire… si ça fonctionnait comme ça, ça se saurait déjà.

Soyons honnêtes :

👉 si on avait un bouton off pour aller mieux, on appuierait dessus sans hésiter.

👉 personne ne choisit volontairement d’angoisser ou de s’épuiser.

Comprendre ses mécanismes permet déjà de :

  • moins se juger
  • relâcher la pression
  • créer un terrain plus favorable au changement

(Oui, je sais, c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire… mais je vous assure, on y arrive 😉)


Une fois ces mécanismes compris, une question se pose naturellement :

comment agir concrètement, sans se rajouter une pression de plus ?

C’est là que certaines pratiques, comme la sophrologie, prennent tout leur sens.


La sophrologie : une pratique cohérente avec le cerveau

Quand on commence un accompagnement : le trop-plein

Très souvent, les personnes qui débutent un suivi en sophrologie arrivent déjà en surcharge :

  • émotionnelle
  • mentale
  • parfois physique

Dans ces moments-là, l’objectif n’est pas d’aller immédiatement “travailler en profondeur”, mais de retrouver un équilibre, notamment émotionnel.

De l’apaisement à la stabilisation

La première partie de l’accompagnement vise généralement à :

  • apaiser le système nerveux
  • réguler les émotions
  • diminuer la pression intérieure

Une fois cet équilibre retrouvé, le travail peut évoluer vers :

  • la stabilisation dans le temps
  • le développement de capacités comme la confiance en soi
  • la capacité à faire face
  • l’adaptation aux situations du quotidien

Toujours avec la même logique : répéter, intégrer, consolider.

Une pratique d’entraînement, pas une solution miracle

sophrologie : la régularité est plus importante que la quantité

La sophrologie fonctionne comme un entraînement du cerveau et du système nerveux.

Quelques minutes, répétées régulièrement, ont souvent plus d’impact qu’une pratique ponctuelle ou très intense.

👉 Pas de magie.

👉 Pas de transformation instantanée.

👉 Mais une évolution progressive, réaliste et durable.


Commencer l’année autrement

Et si, cette année, l’objectif n’était pas de tout changer d’un coup, mais d’installer de nouvelles habitudes, pas à pas ?

Comprendre le fonctionnement du cerveau permet de :

  • se déculpabiliser
  • ajuster ses attentes
  • avancer avec plus de justesse

La sophrologie s’inscrit dans cette logique : une pratique progressive, respectueuse du rythme du cerveau, particulièrement pertinente en cas d’anxiété ou de burn-out.

Dans le prochain article, nous aborderons plus en détail le rôle des pensées et de la répétition mentale.

Non, le but n’est pas de vivre dans un monde de bisounours, mais apprendre à voir un peu +. le positif peut clairement rendre le chemin plus facile à parcourir.

🔗 Pour aller plus loin

📖 [À quoi sert concrètement ment la respiration ? Le lien entre souffle, stress et système nerveux]

📖 [Qu’est-ce que la sophrologie ? Ses bienfaits concrets pour l’anxiété et le stress]