Vous avez l’impression d’avoir toujours quelque chose en tête ?
Une course à faire. Un rendez-vous à ne pas oublier. Un mail auquel répondre. Une tâche professionnelle en attente. Un proche à appeler. Une décision à prendre. Et même lorsque tout semble calme autour de vous, votre tête, elle, continue de fonctionner.
Vous vous reposez, mais vous ne déconnectez pas vraiment.
Vous avez parfois l’impression de ne « rien faire » et pourtant, vous êtes épuisé(e).
C’est peut-être le signe que votre surcharge mentale est devenue importante.
La charge mentale ne correspond pas seulement au fait d’avoir beaucoup de choses à faire. Elle concerne aussi tout ce que nous devons garder en tête, anticiper, organiser et gérer au quotidien.
Et lorsque cette sollicitation devient permanente, elle peut finir par donner cette sensation très particulière : avoir la tête pleine en permanence, sans réussir à faire véritablement pause.
Qu’est-ce que la charge mentale ?
On parle souvent de « charge mentale » pour désigner le fait de devoir penser à de nombreuses choses en même temps : les tâches à accomplir, les informations à retenir, les décisions à prendre, les responsabilités à gérer…
La surcharge mentale apparaît lorsque cette sollicitation devient trop importante ou trop constante.
Ce n’est donc pas forcément le nombre de tâches qui pose problème.
C’est aussi le fait de devoir penser à tout, tout le temps.
Par exemple :
- penser à ce qu’il faut faire demain ;
- ne pas oublier un rendez-vous ;
- anticiper les besoins des autres ;
- garder en tête une tâche professionnelle non terminée ;
- réfléchir à la prochaine chose à faire alors qu’on n’a pas terminé la précédente ;
- prendre des décisions en permanence ;
- se demander si l’on n’a rien oublié.
Même lorsque rien n’est en train de se passer, votre esprit continue parfois à faire l’inventaire de ce qui reste à gérer.
Et c’est particulièrement fatigant.
Pourquoi ai-je l’impression de penser à tout, tout le temps ?
Lorsque l’on est habitué à fonctionner avec beaucoup de responsabilités, il peut devenir difficile de véritablement « poser » ce que l’on a en tête.
Le cerveau passe alors facilement d’une chose à l’autre.
« Il faut que je pense à envoyer ce mail. »
Puis :
« Ah, et il faut aussi que je prenne rendez-vous. »
Puis :
« Il ne faut surtout pas que j’oublie de rappeler cette personne. »
Et pendant que vous faites autre chose, une partie de votre attention reste mobilisée par tout ce qui est encore en attente.
C’est ce qui peut donner cette impression de tête pleine.
Le problème n’est donc pas nécessairement que vous réfléchissez trop à une seule chose.
C’est parfois que votre esprit essaie de garder trop de choses actives en même temps.
Même quand je ne fais rien, ma tête continue
C’est l’une des difficultés les plus fréquentes lorsqu’on est en surcharge mentale.
Vous vous installez enfin sur le canapé.
Vous avez terminé votre journée.
Vous avez quelques minutes devant vous.
Mais au lieu de ressentir immédiatement du calme, les pensées arrivent :
« Il faut que je fasse ça demain. »
« Je n’ai pas répondu à ce message. »
« Il faudrait que je m’occupe de ça ce week-end. »
« Et pour le travail, comment vais-je gérer cette situation ? »
Physiquement, vous êtes arrêté(e).
Mais mentalement, vous êtes toujours en train de gérer.
C’est pourquoi se reposer physiquement ne suffit pas toujours à avoir la sensation de récupérer.
Et plus vous êtes fatigué(e), plus il peut devenir difficile de prendre du recul sur tout ce qui vous sollicite.
Surcharge mentale et anxiété : quel lien ?
La surcharge mentale et l’anxiété ne sont pas la même chose.
On peut avoir énormément de choses à gérer sans souffrir d’un trouble anxieux.
Mais les deux peuvent parfois s’alimenter mutuellement.
Lorsque l’esprit est déjà très sollicité, les inquiétudes peuvent prendre davantage de place.
Et lorsqu’une personne est anxieuse, elle peut avoir tendance à davantage anticiper, imaginer ce qui pourrait arriver, chercher des solutions à des problèmes qui ne se sont pas encore produits ou revenir plusieurs fois sur la même situation.
La boucle peut alors ressembler à ceci :
beaucoup de choses à gérer → fatigue mentale → moins de recul → davantage d’inquiétudes → encore plus de pensées → sensation de surcharge.
Il ne s’agit pas pour autant de conclure que « penser tout le temps » signifie que l’on souffre d’anxiété généralisée.
L’anxiété généralisée correspond à une inquiétude excessive, persistante et difficile à contrôler, qui concerne généralement plusieurs domaines de la vie et peut avoir des répercussions importantes au quotidien.
La surcharge mentale, elle, peut avoir de nombreuses causes et ne constitue pas à elle seule un diagnostic.
Penser à quelque chose ou penser autour de quelque chose ?
Cette distinction peut être intéressante.
Penser à :
« Je dois préparer ma réunion de demain. »
La pensée est concrète. Elle peut déboucher sur une action.
Penser autour :
« Et si la réunion se passe mal ? Et si on me pose une question à laquelle je ne sais pas répondre ? Et si mon responsable n’est pas satisfait ? »
La pensée se développe alors autour de ce qui pourrait arriver.
C’est souvent à ce moment-là que la charge mentale peut se mêler à l’anticipation et aux inquiétudes (et par conséquent à l’anxiété).
Quand penser à tout devient une habitude
Il y a aussi quelque chose de plus subtil.
À force de devoir gérer, anticiper et organiser, on peut finir par avoir l’impression qu’il faut toujours rester vigilant.
Ne rien oublier.
Ne rien laisser de côté.
Être disponible.
Avoir une solution.
Anticiper les problèmes.
Et parfois, même lorsqu’il n’y a plus d’urgence, le fonctionnement continue (parce que c’est devenu, par la force de l’habitude, le fonctionnement “normal”).
On pense parce qu’on est habitué à penser.
On anticipe parce qu’on a pris l’habitude de le faire.
On vérifie mentalement parce que cela donne l’impression de garder le contrôle (et que ça nous rassure).
Le problème, c’est que cette vigilance permanente laisse peu de place au repos mental.
Pourquoi est-il si difficile de profiter du moment présent ?
Lorsque votre tête est occupée par ce qui vient après, il devient difficile d’être pleinement dans ce qui se passe maintenant.
Vous mangez, mais vous pensez à votre journée de demain.
Vous êtes avec vos proches, mais une partie de votre attention reste tournée vers ce qu’il reste à faire.
Vous regardez un film, mais vous pensez déjà à votre lendemain.
Vous partez en week-end, mais votre esprit continue de faire la liste des choses à gérer.
Votre corps est ici.
Votre attention, elle, est déjà ailleurs.
Notre cerveau nous permet de faire plusieurs choses à la fois mais il ne nous permet pas d’être à 100 % sur toutes les choses en même temps.
À force, cela peut donner une sensation étrange : même les moments de repos deviennent des moments pendant lesquels on continue à gérer.
Comment alléger sa charge mentale ?
Lorsque l’on cherche comment alléger sa charge mentale, on pense souvent immédiatement à l’organisation.
Faire des listes.
Utiliser un agenda.
Planifier davantage.
Optimiser son temps.
Ces outils peuvent être utiles.
Mais ils ne répondent pas toujours au problème.
Parce que lorsque la difficulté vient du fait que vous portez mentalement trop de choses, ajouter encore des méthodes d’organisation peut parfois donner l’impression qu’il faut simplement devenir encore plus performant(e).
Or, alléger sa charge mentale ne signifie pas forcément mieux gérer toujours plus de choses.
Cela peut aussi signifier en porter moins.
Je ne vais pas vous faire une liste des “10 meilleures choses à faire pour alléger sa charge mentale” parce que nous sommes tous et toutes différent(e)s, l’essentiel est que vous trouviez quelque chose qui fasse sens pour vous. Voici quelques idées…
1. Identifier ce qui occupe réellement votre tête
Prenez quelques minutes pour noter tout ce qui vous vient à l’esprit.
Pas seulement les tâches importantes.
Tout.
Les choses à faire.
Les choses à ne pas oublier.
Les décisions en attente.
Les sujets qui vous préoccupent.
Les choses que vous repoussez.
Mettre ces éléments à l’extérieur de votre tête peut déjà permettre de ne plus avoir à les maintenir mentalement en permanence.
2. Faire la différence entre ce qui est à faire et ce qui est à anticiper
Tout ne nécessite pas une réponse immédiate.
Tout ne doit pas être réglé aujourd’hui.
Et surtout, tout ce qui pourrait arriver n’a pas besoin d’être anticipé maintenant.
Vous pouvez vous demander :
« Est-ce que j’ai réellement quelque chose à faire maintenant ? »
Si la réponse est non, il est parfois possible de revenir simplement à ce qui se passe dans le moment présent.
3. Accepter de ne pas tout garder en tête
Vous n’avez pas besoin de vous souvenir de tout.
Vous n’avez pas besoin de penser à tout au même moment.
Un carnet, une liste ou un agenda peuvent justement servir à déposer certaines informations.
L’objectif n’est pas de mieux faire fonctionner votre tête.
C’est aussi de lui permettre de ne pas tout porter.
4. Créer de véritables moments de pause
Une pause n’est pas seulement le fait de ne pas travailler.
Si vous profitez de votre pause pour répondre à vos messages, organiser votre soirée ou réfléchir à votre prochaine tâche, votre esprit reste sollicité.
Une véritable pause peut simplement consister à ne rien avoir à résoudre pendant quelques minutes.
Respirer.
Marcher.
Regarder autour de soi.
Sentir son corps.
Écouter ce qui se passe.
Il ne s’agit pas de « réussir » à ne penser à rien.
Mais de permettre à l’attention de se déplacer ailleurs que vers la liste des choses à gérer.
Et si le problème n’était pas votre organisation ?
C’est une question importante.
Lorsque l’on est en surcharge mentale, on peut facilement penser :
« Je dois mieux m’organiser. »
Mais parfois, vous êtes déjà très organisé(e).
Vous anticipez.
Vous planifiez.
Vous faites des listes.
Vous pensez à tout.
Et malgré cela, vous êtes épuisé(e).
Dans ce cas, la question peut être différente :
« Qu’est-ce que je pourrais arrêter de porter mentalement ? »
Qu’est-ce qui pourrait être délégué ?
Qu’est-ce qui peut attendre ?
Qu’est-ce qui n’a pas besoin d’être anticipé ?
Qu’est-ce qui ne dépend pas de vous ?
Qu’est-ce qui mérite réellement votre attention aujourd’hui ?
Alléger sa charge mentale, ce n’est donc pas forcément faire moins de choses.
C’est parfois cesser de tout porter en permanence.
La sophrologie pour retrouver un peu d’espace mental
La sophrologie peut être une piste pour apprendre progressivement à sortir de ce fonctionnement de sollicitation permanente.
L’objectif n’est pas de faire disparaître les pensées.
Il ne s’agit pas non plus de « vider sa tête ».
La pratique peut plutôt aider à déplacer son attention.
La respiration permet de créer un premier point d’ancrage.
Les sensations corporelles permettent ensuite de revenir à ce qui se passe ici et maintenant.
Les exercices de recentrage, d’intéroception, peuvent aider à retrouver des repères et à se reconnecter à soi.
Enfin, les exercices de visualisation peuvent permettre de mobiliser des ressources pour faire face à une situation à venir, plutôt que de passer son temps à essayer d’en contrôler tous les détails.
C’est particulièrement intéressant lorsque la surcharge mentale se mêle à l’anticipation ou aux inquiétudes.
Petit à petit, il ne s’agit plus de chercher à tout prévoir.
Mais de développer davantage la capacité à faire face à ce qui se présente.
Je vous accompagne en présentiel au cabinet et/ou en visio.
À retenir
La surcharge mentale ne signifie pas simplement que vous avez trop de choses à faire.
Elle peut aussi venir du fait que vous devez constamment penser à ce qu’il faut faire, ne pas oublier, anticiper ou gérer.
Elle peut alors donner cette impression de ne jamais pouvoir véritablement arrêter de penser.
La charge mentale et l’anxiété ne sont pas la même chose, mais elles peuvent parfois s’alimenter mutuellement.
Et pour alléger sa charge mentale, il ne suffit pas toujours de mieux s’organiser.
Il peut aussi être nécessaire de sortir certaines choses de sa tête, de faire de vraies pauses, de revenir au présent et, parfois, d’accepter de ne pas tout contrôler.
Vous n’avez pas besoin de penser à tout, tout le temps, pour que les choses continuent d’avancer.
FAQ – Surcharge mentale
Comment savoir si je suis en surcharge mentale ?
La surcharge mentale peut se traduire par la sensation d’avoir constamment la tête pleine, de penser à de nombreuses choses en même temps ou d’avoir du mal à déconnecter, même pendant les moments de repos.
Elle peut également s’accompagner de fatigue mentale, de difficultés à se concentrer ou d’une impression de ne jamais vraiment récupérer.
Quelle est la différence entre charge mentale et surcharge mentale ?
La charge mentale correspond à l’ensemble des exigences et responsabilités qui mobilisent notre attention et notre capacité à organiser, prévoir et gérer.
On parle davantage de surcharge mentale lorsque cette sollicitation devient trop importante, trop constante ou difficile à récupérer.
Comment arrêter de penser tout le temps ?
Il n’est pas nécessaire de chercher à empêcher les pensées d’apparaître (d’autant que c’est impossible, le problème n’est pas la pensée mais la place qu’elle prend).
Vous pouvez plutôt apprendre à ne pas rester accroché(e) à chacune d’elles.
Écrire ce qui vous préoccupe, distinguer ce qui demande une action de ce qui relève de l’anticipation et revenir aux sensations corporelles peuvent être des premières pistes.
La surcharge mentale peut-elle provoquer de l’anxiété ?
La surcharge mentale et l’anxiété sont deux phénomènes différents, mais ils peuvent se renforcer mutuellement.
Lorsque l’on est déjà très sollicité mentalement, les inquiétudes peuvent prendre davantage de place. Et l’anxiété peut, de son côté, augmenter les anticipations et les ruminations, ce qui contribue à alourdir la charge mentale.
Si les inquiétudes deviennent persistantes, difficiles à contrôler et qu’elles ont un impact important sur votre quotidien, il est préférable d’en parler à un professionnel de santé.
La sophrologie peut-elle aider en cas de surcharge mentale ?
La sophrologie peut constituer un accompagnement pour apprendre à ralentir, à revenir aux sensations corporelles et à prendre davantage de recul face aux sollicitations du quotidien.
Elle ne remplace pas un suivi médical ou psychologique lorsque celui-ci est nécessaire, mais peut trouver sa place en complément pour vous donner des outils concrets à utiliser dnas votre quotidien.
🔗 Pour aller plus loin
📖[Fatigue mentale : pourquoi est-il si difficile de ralentir quand on est déjà épuisé ?]
📖[Pourquoi vouloir contrôler ses pensées augmente souvent l’anxiété ?]